• Le plus grand aéroport du monde à Istanbul

  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a inauguré en grande pompe le nouvel aéroport d'Istanbul, appelé à devenir le plus grand du monde avec 200 millions de passagers par an à partir de 2028. Un outil de croissance pour Turkish Airlines.

     

    Ce lundi 29 octobre, jour du 95e anniversaire de la République turque, le président turc Recep Tayyip Erdogan a inauguré en grande pompe le nouvel aéroport d'Istanbul, destiné à devenir le plus grand du monde. Appelé tout simplement "l'aéroport d'Istanbul", cette aérogare a été construite à la vitesse de l'éclair, quatre ans seulement après le début du chantier. Il remplacera l'aéroport international Atatürk (ouvert en 1924) à partir de la fin de l'année, quand les opérations du nouvel aéroport tourneront à plein régime. Un coup dur pour ADP, actionnaire à 46% de TAV Airport, le gestionnaire de l'aéroport d'Atatürk, dont la concession dure jusqu'en 2021. Des discussions sont en cours avec les autorités turques pour indemniser TAV.

    200 millions de passagers

    Ce nouvel aéroport possèdera dans un premier temps une capacité d'accueil de 90 millions de passagers par an, supérieure à celle de Roissy-Charles de Gaulle, mais une fois la quatrième tranche de travaux achevée, en 2028, l'aéroport pourra accueillir jusqu'à 200 millions de passagers par an, deux fois plus que n'en accueille aujourd'hui l'aéroport américain d'Atlanta (103,9 millions), l'actuel numéro un mondial en trafic. A ce moment-là, il comptera 6 pistes de décollage et d'atterrissage. A titre de comparaison, Roissy, qui a accueilli 69,5 millions de passagers en 2017, devrait atteindre une capacité maximale de 120 millions de passagers vers 2035, une fois achevées les différentes tranches de la construction du terminal 4, dont une première partie ouvrira en 2024.

    Les premiers avions décolleront du nouvel aéroport d'Istanbul ce mercredi 31 octobre pour une période de rodage de deux mois (seuls cinq vols quotidiens y seront traités). Il tournera à plein régime à partir du 29 décembre, une fois réalisé le transfert des équipements de l'aéroport Atatürk, à l'issue d'une opération qui durera 45 heures. Le défi est de taille. L'ouverture d'un nouvel aéroport est toujours risquée. Les déboires de l'aéroport de Denver, dans les années 1990, ou celui de Berlin, aujourd'hui, en témoignent.

    Un outil pour la croissance de Turkish Airlines

    Turkish Airlines sera évidemment le premier bénéficiaire de ce nouvel aéroport qui lui permettra d'assurer sa croissance.

    Après les difficultés rencontrées en 2016 à la suite d'une série d'attentats frappant la Turquie -dont celui à l'aéroport d'Istanbul- et de la tentative de coup d'État, la compagnie turque a retrouvé sa rentabilité impressionnante et reprend son expansion. Sa direction prévoit de faire passer la flotte de 329 avions début 2018 à 424 appareils en 2023, un niveau qu'elle prévoyait d'atteindre initialement en 2021. A cette échéance-là, Turkish Airlines entend transporter 120 millions de passagers par an. L'an prochain, 40 appareils vont entrer dans la flotte.Ces ambitions ne sont pas une bonne nouvelle pour Air France-KLM. La compagnie turque est au moins aussi redoutable (si ce n'est plus) que les compagnies du Golfe. La situation géographique de son hub d'Istanbul est considérée comme encore plus avantageuse que celle d'Abu Dhabi, Dubai ou Doha entre l'Europe et l'Inde, l'Asie, et l'Afrique de l'Est et l'océan indien. Mais aussi entre l'Asie et l'Afrique.

    A seulement trois heures de vol de la France, elle peut en effet alimenter son hub à moindre frais, non pas avec des avions long-courriers, comme le font les compagnies du Golfe, mais avec des appareils de la famille A320 ou B737, moins chers.
    Surtout, disposant d'accords de ciel ouvert avec un grand nombre de pays européens, la compagnie turque dispose au départ d'Istanbul d'un réseau en Europe autrement plus conséquent que celui des transporteurs du Golfe au départ de leur hub respectif. Un atout de taille pour capter la clientèle asiatique voulant se rendre en Europe. Des accords qui traduisent l'importance des flux de trafic entre l'Europe et la Turquie, du fait de la taille du marché turc, du dynamisme de son économie et de son potentiel touristique.

    Par Fabrice Gliszczynski | 29/10/2018, 16:43 |

    Source: La Tribune