• L’opérateur DFDS choisit le port de Sète pour son trafic remorques vers la Turquie

  • L'armateur danois gérait le trafic de remorques à Toulon et à Sète. Il vient de décider de tout rapatrier en Île singulière.

    La phase de test devait durer six mois à partir de début juillet. C'est ce qu'avait annoncé l'opérateur danois DFDS quand il avait repris en charge le transport des remorques Ekol entre Sète et la Turquie. L'armateur se retrouvait en effet à gérer le trafic dans les ports de Toulon et de Sète. Visiblement, les Danois n'ont pas eu besoin d'attendre très longtemps : en début de semaine, ils ont définitivement quitté Toulon pour rapatrier toute leur activité sur le port de Sète.

    De 30 000 remorques aujourd'hui à 80 000


    Les grands bateaux Ro-Ro (pour roll-on, roll off) bleu et blanc vont passer de deux à trois escales par semaine.  Avec des navires, notamment ceux du dimanche, plus imposants. Ces derniers peuvent accueillir jusqu'à 400 remorques contre 230 unités actuellement. Sur une année pleine d'activité, cela représentera un transit de 80 000 remorques alors qu'il est aujourd'hui de 30 000. 

    Ces remorques transportent du matériel de pointe, de l'électroménager, des pièces de véhicules mais aussi des vêtements notamment pour l'Espagne.

     

    "C'est la décision de l'opérateur"


    "On est très contents, a commenté Olivier Carmes, le directeur du port. On est très contents, et déçu pour Toulon, port avec lequel nous travaillons beaucoup puisque nous sommes des ports de taille moyenne. Mais c'est la décision de l'opérateur". Pour lui, plusieurs éléments ont fait pencher la balance au profit de Sète : "notre plateforme ferroviaire, notre espace avec le quai H et le niveau de performance de nos dockers". Et de poursuivre : "la Région et le port ont bien fait de se pencher sur l'intermodalité. C'est une belle anticipation en terme d'investissements".

     

    Objectif : trois trains par jour


    Le port de Sète dispose en effet d'une plateforme permettant de faire passer les remorques du bateau à un train. Pour l'instant, ces convois, qui prennent la direction de Bruxelles, Noisy le Sec et bientôt Calais, ne peuvent qu'en charger 38 à la fois. Pour trois allers-retours par semaine. Ce qui représente 30 % de ce qui arrive par mer à Sète.  "L'objectif - et les Danois y sont très sensibles - c'est de passer à 50 % en ferroviaire avec un rythme de trois allers-retours par jour", précise Olivier Carmes.

     Pour absorber ces 40 000 remorques destinées à monter sur un train, une nouvelle plateforme multimodale sera construite d'ici la fin de l'année. De toute façon, l'ancienne doit être déplacée puisqu'elle se trouve sur l'emprise de la future nouvelle gare maritime dont le chantier ne va pas tarder à commencer. Les remorques à destination de l'Espagne continueront, pour l'heure, de passer par la route.

     

    Six kilomètres de garage dans les navires les plus modernes


    Ce sera donc le cas à partir de ce dimanche. Comme tout va très vite, les Danois de DFDS arrivent dans deux jours avec un nouveau bateau. Le Sumela Seaways (223 m de long sur 26 de large) est annoncé à 8 h du matin dans le port. Ce ne sera pas le plus grand navire de la flotte du spécialiste du Ro-Ro. DFDS, via sa filiale Un Roro, a commandé au chantier chinois Jingling plusieurs navires de très grande taille. Ils mesureront environ 237 m et pourront contenir plus de 6 km de garages ! Trois d'entre eux sont déjà en service, trois autres le seront en 2020. Capables d’atteindre 21 nœuds, ces bateaux sont équipés d'une propulsion économe en gazole, et disposent de systèmes de lavage des fumées afin de traiter les émissions d’oxyde de soufre et, ainsi, répondre au durcissement de la réglementation sur ces rejets qui entrera en vigueur le 1er janvier 2020.

     

    Une rotation créée en 2014


    C'est en 2014 qu'ont eu lieu les premières rotations entre la Turquie et le port de Sète. Le Ayshe (150 remorques de la marque Ekol) a été le premier Ro-Ro à faire le voyage. Il a été ensuite secondé, pour une deuxième escale hebdomadaire, par le Hatche.

    Dans le premier semestre 2019, l'armateur Alternative Transport a jeté l'éponge et le trafic a été récupéré par les danois de DFDS. Cet armateur, l'un des spécialistes du Ro-Ro en Europe, avait acheté quelques temps auparavant la compagnie UN Roro. L'opérateur a décidé de se concentrer sur Sète. Depuis juillet et la reprise de la ligne, ses navires contiennent environ 230 remorques.

     

    PHILIPPE MALRIC
    Publié le 


    Source: MidiLibre